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Louis Majorelle

Louis Majorelle à sa table de dessin.

 Louis Majorelle à sa table de dessin.

 

Famille, enfance et éveil à l'art.

 

Etiquette Louis MajorelleLouis Majorelle est un ébéniste et un décorateur Français né à Toul en 1859. Son père, Auguste Majorelle est déjà un artiste dont la renommée n'est plus a faire. En effet, d'abord spécialisé dans la décoration sur faïence il fait son apprentissage auprès de Keller et Guérin, à l'ancienne Manufacture Royale. Puis, ambitieux, il collabore avec d'autres faïenceries Lorraines avant de s'installer à Toul et de s’intéresser de plus près au métier d'ébéniste et de devenir, comme le stipule son contrat de mariage avec la mère de Louis Majorelle : "peintre décorateur sur meubles et sur faïence"Pendule Louis Majorelle Luneville. Il se met a concevoir des meubles, à les orner de décorations japonaises suivant la tendance de l'époque, puis à les laquer. Le style Majorelle qui inspirera Louis quelques années plus tard, était donc né, et la maison connut un grand succès.
A la naissance de Louis, les Majorelle s'installent à Nancy, ville en plein essor à cette époque. Louis grandit avec ses sept frères et soeurs au premier étage de l'immeuble familial Rue des Dominicains, le rez-de-chaussée étant le magasin des Majorelle.


La légende veut que Louis Majorelle aurait réalisé sa première faïence à l'age de onze ans et qu'éditée par son père, elle obtint un franc succès. Cependant, Louis se rêve peintre et entre à l'Ecole municipale de dessin de Nancy ou il est formé par Théodore Devilly et le sculpteur Charles Pêtre. Agé de dix-sept ans, Louis poursuit ses études a la prestigieuse Ecole des Beaux-Arts de Paris, ce qui lui donne l'opportunité de fréquenter des artistes tels que les sculpteurs Aimé Millet et  Alexandre Charpentier ou l'architecte et décorateur Henri Sauvage. Il collaborera avec ces derniers à de nombreuses reprises. Ateliers Majorelle à Nancy
La mort du père est pour Louis Majorelle en 1879 un évènement qui va accélérer les choses, en effet, sa mère qui assurait la direction du magasin durant les deux années ou Auguste Majorelle, gravement malade, ne pouvait plus le faire,  rapatrie son  fils a Nancy et l'associe a son jeune frère Jules afin de gérer l'affaire très prospère laissée par Auguste Majorelle. Les ateliers comptent alors plus de vingt ouvriers et trois domaines d'activité : la céramique, le travail du bois et la copie de style. Après quelques années de succès, Louis, en quête d'expansion, décide de partir à Paris et rachète en 1904 la galerie de Samuel Bing.


Luminaire Daum et MajorelleMajorelle, son succès, son art.

Bureau Nénuphar
Louis Majorelle maitrisait parfaitement les formes anciennes et possédait l'esprit créatif nécessaire à l'évolution dans une époque ou les artistes copient et mélangent les genres plus que ce qu'ils n'inventent surtout dans les arts décoratifs. Louis Majorelle est favorable à l'alliance Art-Industrie, idée chère à son ancien professeur Emile Gallé. D'autres ateliers Nancéiens appliquent ce concept comme ceux de Daum. Les ateliers Majorelle vont donc se spécialiser dans la fabrication d'un mobilier de qualité produit en série. Ceci réduit les coûts de production mais également les prix de vente, contribuant à un  'Art pour Tous" et les classes moyennes étant devenues une clientèle importante, on se plaint de nombreux retards de livraison de la part des ateliers Majorelle débordés par le succès. Louis Majorelle est toujours à la recherche de la beauté des formes et des lignes dans un décor épuré. L'idéal pour Majorelle étant de faire oublier la ligne droite, il met le mouvement au centre de ses préoccupations, ce qui ancre l'artiste dans l'Art Nouveau. Certains parlent même de "majorellisme".

Il parvient toujours à impressionner, à évoluer, à être là ou personne ne l'attend. Majorelle acquit une grande partie de sa réputation grâce au Japonisme, définit pour la première fois par le critique d'art Philippe Burty en 1878. Les laques et les reliefs se mélangent harmonieusement avec les motifs japonisants et les incrustations de faïences. Majorelle parvient à satisfaire une clientèle fascinée par l'Orient.
Bien qu'étant doté d'un talent formidable, Majorelle doit également son succès à sa participation remarquée à de nombreux Salons et Expositions Universelles. C'est à Amsterdam qu'il expose pour la toute première fois, en 1883 ou il est remarqué par la Cour Royale de Hollande qui lui commande pour environ 40 000 francs de mobilier. Il participe également à l'Exposition Universelle de 1889 ainsi qu'à celle de 1900 ou il marqua les esprits avec son bureau Nénuphar. On peut aussi le voir au Salon des Artistes Français, au Salon des Industries du Mobilier, à la Société des Artistes Décorateurs et à de nombreux autres évènements artistiques.

Villa JikaLes collaborations de Louis Majorelle avec ses contemporains contribuent au "Phénomène Majorelle".Lampe Cactus Frères Daum Majorelle On peut parler d'Henri Sauvage, avec qui il construit sa propre maison, la fameuse villa Jika, ainsi que de nombreux autres projets, d'Alexandre Charpentier avec qui il conçoit de nombreux meubles mais aussi de Camille Gauthier qui réalise les cartons de certains meubles de Majorelle. Enfin, lorsque Majorelle décida d'ouvrir un atelier consacré exclusivement au travail du métal il fit le choix de s'adjoindre le talent des Frères Daum, avec lesquels il réalisa de somptueux vases et luminaires.

Majorelle demeura un acharné de travail jusqu'a la fin de sa vie, et il meurt le 15 janvier 1926 emportant avec lui des nombreuses idées. Cet artiste aux nombreux visages laissera sa marque sur la production artistique du XIXème siècle. Il réussit avec talent à capter les nombreux changements de l'époque, l'industrialisation, l'apparition de nouvelles classes sociales ainsi que le renouveau des mentalités et parvint à définir son style sans jamais cesser d'évoluer pour autant.

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